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Rencontre avec Jacques Baillet, président du réseau national des Banques Alimentaires.

La Fondation Nexity met en place sur de nombreux sites, une grande collecte pour les Banques Alimentaires. A cette occasion, nous avons rencontrer Mr Jacques Baillet, président du réseau national des Banques Alimentaires pour parler de cette engagement solidaire, en faveur des personnes en situation de précarité alimentaire. Découvrez cette interview en images, et l’intégralité […]

La Fondation Nexity met en place sur de nombreux sites, une grande collecte pour les Banques Alimentaires.

A cette occasion, nous avons rencontrer Mr Jacques Baillet, président du réseau national des Banques Alimentaires pour parler de cette engagement solidaire, en faveur des personnes en situation de précarité alimentaire. Découvrez cette interview en images, et l’intégralité de l’entretien à la suite de cette vidéo.

 

 

 

Que font les Banques Alimentaires ?

L’action des Banques Alimentaires est très simple, et elle est partie il y a 35 ans avec une idée. Nous avons d’un côté, des gens qui sont confrontés à une grande précarité alimentaire, et de l’autre des denrées alimentaires qui sont jetées alors qu’elles sont consommables.

C’est ainsi que tous les jours, des bénévoles principalement, vont sur le terrain ramasser dans les grandes surfaces, chez les industriels, les agriculteurs, des denrées consommables mais qui pour beaucoup de raisons ne sont plus commercialisables.

Ensuite ces denrées entrent dans les banques alimentaires, elles sont stockées, triées, et distribuées à plus de 5000 associations partenaires, qui elles-mêmes les distribuent à des bénéficiaires.

Voici quelques chiffres : nous avons 6 000 bénévoles sur l’ensemble du territoire, plus de 100 implantations en France métropolitaine, et aussi en Guadeloupe, en Martinique et à la Réunion.

Ces 6 000 bénévoles et 500 salariés permettent chaque année de redistribuer 110 000 tonnes de denrées alimentaires, soit l’équivalent de 220 millions de repas, et cela vient en aide à 2 millions de personnes.

Vous pouvez donc constater que ces chiffres sont importants, et qui malheureusement ne vont pas en diminution.

 

Quelles sont les missions quotidiennes et est-ce que le fonctionnement est le même dans toutes les Banques Alimentaires de France ?

Une Banque Alimentaire, fonctionne 5 jours sur 7, plutôt le matin, car c’est le matin que nous pouvons aller sur les quais de livraison chercher les denrées. Les associations viennent ensuite récupérer les denrées soit en fin de matinée soit en début d’après-midi.

C’est vraiment un travail quotidien, parce que nous travaillons sur des denrées périssables, donc qui n’attendent pas, on doit agir à « flux tendu » dans nos entrepôts avec les mêmes contraintes et la même rigueur qu’un professionnel de l’agro-alimentaire. Ce qui veut dire que l’ensemble de nos bénévoles sont formés, à l’hygiène, à la sécurité, à la gestion des entrepôts …

Nous avons un outil informatique commun à toutes les banques, qui assure la traçabilité des produits, et nous avons également des modules de formation pour les associations partenaires (plus de 5 000), pour qu’elles aussi soient à même de gérer et d’assurer cette traçabilité.

Quand vous êtes bénéficiaire de l’aide alimentaire, vous avez droit en matière de sécurité et de qualité alimentaire, aux mêmes critères qu’un consommateur normal.

 

Y’a-t-il une évolution du nombre de bénéficiaires des Banques Alimentaires ?

Si on voit les statistiques au niveau national, la précarité ne diminue pas mais n’augmente pas non plus.

En France, nous avons environ 9 millions de personnes qui sont en dessous du seuil de pauvreté. Pourquoi ? Nous pouvons le voir aux profils des bénéficiaires : ce sont majoritairement des gens qui n’ont pas d’emploi, des familles monoparentales, souvent des femmes avec enfant. Ce sont des personnes qui sont depuis un certain nombre de trimestre dans des positions difficiles, …

On constate bien qu’il y a une relation avec l’économie. Si on redescend à un taux d’inactivité nettement plus faible, ce qu’on voit depuis une dizaine, une quinzaine d’années, et bien là nous pourrons sans doute être optimistes et considérer que le taux de précarité viendra en diminution.

Pour l’instant, il n’augmente pas, ce qui veux dire que quatre millions et demi de personnes en France ont recourt à l’aide alimentaire, et sur ces quatre millions et demi de personnes, environ 2 millions ont recourt au réseau des banques alimentaires.

 

D’où viennent les dons perçus par les Banques Alimentaires, et quelle est leur répartition ?

Comme je vous l’ai dit, les Banques Alimentaires distribuent 110 000 tonnes de denrées, ce sont les chiffres de l’année 2017.

Ces 110 000 tonnes ont des origines variées et à peu près stables : 70% des denrées viennent de la ramasse, des denrées qui auraient été sans doute jetées.

Environ 25 000 tonnes viennent d’un programme à la fois européen et financé par l’Etat Français. Ce sont des produits que nous n’aurions pas ailleurs : des surgelés, du lait, de la farine, du chocolat …

Et puis, nous avons ce que nous appelons la collecte nationale : le dernier week-end de novembre (à cheval sur décembre), nous allons dans plus de 10 000 points, magasins principalement, pour demander à nos concitoyens de donner une petite partie des courses qu’ils font ce week-end.

C’est très important, d’abord en volume cela représente 11 000 tonnes en un week-end. En type de denrées également puisqu’on demande des denrées que l’on n’aurait pas ailleurs : conserve de viande, de poisson, café, huile, … des produits assez onéreux.

C’est très important en termes de solidarité. En un week-end, nous allons avoir plus de 130 000 bénévoles qui vont se mobiliser et plus de deux millions de personnes qui vont donner.

C’est donc le grand moment de solidarité pour les gilets orange (les bénévoles des Banques Alimentaires)

 

Quelle est l’importance de mettre en place des collectes dans les entreprises ?

Les relations des Banques Alimentaires avec les entreprises, est un élément très fort, puisque vous l’avez compris nous fonctionnons nous-mêmes comme une entreprise. Dans une Banque Alimentaire, il va rentrer chaque jour environ 5 tonnes de marchandises, nous devons donc avoir un fonctionnement d’entreprise en matière d’efficacité. Nous avons une culture proche de l’entreprise.

Les entreprises, (je voudrais tout particulièrement remercier Nexity, et la Fondation Nexity), nous viennent en aide de différentes façons, soit sous forme pécuniaire, soit par les dons de denrées, soit en dégageant du temps de leurs salariés.

Typiquement le fait que Nexity à travers sa Fondation, mobilise l’ensemble de ses équipes, va permettre d’abord d’avoir des denrées supplémentaires, et va permettre de sensibiliser toute une série de collaborateurs au fait qu’il y a des personnes qui ont des difficultés un peu plus grandes, et qu’on ne peut pas les laisser sur le bord de la route. Chacun est en capacité de donner un peu de son temps, un peu de ses denrées lors de ses courses, pour être solidaire.

C’est vraiment pour nous un enrichissement, un encouragement de voir qu’une grande entreprise leadeur dans son secteur comme Nexity participe à cet élan de solidarité.

 

Est-ce-que la collecte nationale vous permet de vous faire connaitre auprès des particuliers, mais aussi de mobiliser de nouveaux bénévoles et multiplier les points de collecte ?

Les Banques Alimentaires, sont modestes dans leur ADN. On ne communique pas beaucoup, mais on est connu du grand public à travers cette collecte nationale. Personne ne sait par exemple que nous sommes de loin le principal acteur en matière d’aide alimentaire.

Tout ce qui peut nous aider à provoquer une prise de conscience, non pas par plaisir, mais parce que nous sommes sur un sujet très important, la précarité alimentaire. Tout ce qui peut contribuer à faire connaitre l’action des bénévoles, des 5 000 associations ça va dans le bon le sens. Et rien n’est plus efficace et plus valorisant que de faire prendre conscience aux gens sur leur lieu de travail. C’est très important, très gratifiant et donc encourageant pour nous de se dire qu’il y a des acteurs reconnus dans leur domaine, par exemple l’immobilier au sens large comme l’est Nexity, qui se mobilisent pour soutenir le projet des Banques Alimentaires, ça donne du sens.

 

Et si vous aviez un super pouvoir solidaire ?

Si j’avais un super pouvoir de magicien … pour faire diminuer la précarité, et la précarité alimentaire, je dirais qu’il faut que les gens trouvent un emploi, ça serait ça à mon avis le coup de baguette magique. Egalement un logement et un équilibre personnel, puisque l’on s’aperçoit que le recours à l’aide alimentaire, car les deux grandes causes de cette précarité alimentaire, sont la perte de l’emploi et la séparation familiale.

Vous savez l’ambition des Banques Alimentaires c’est de ne plus exister. On fera une superbe fête avec tous les bénévoles, toutes les entreprises qui nous ont aidées, et puis on se consacrera à d’autres causes, mais malheureusement je pense que le coup de baguette magique n’est pas encore pour demain …

 

 

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